Après la sortie programmée du nucléaire, la présidente de Cap 21 est en train de mener un autre combat : celui de la présidentielle. « Je n’exclus rien pour 2012 », confirme-t-elle. Pas même de s’engager dans la primaire d’Europe Ecologie-Les Verts. Mais à une condition : qu’elle soit ouverte « à toute la famille écologiste » (dont fait partie Cap 21). Pas exclu non plus : un rapprochement avec Jean-Louis Borloo, avec qui elle a déjeuné samedi. « Je discute avec beaucoup de monde », confirme-t-elle. En revanche, les liens avec le Modem, dont elle a été la vice-présidente de 2008 à 2010, c’est fini. « J’exclus de soutenir Sarkozy au deuxième tour. Après, comment et avec qui ? Je suis pour l’efficacité », résume-t-elle.L’idée d’une candidature en 2012 trotte dans la tête de l’eurodéputée depuis six mois. « Il y a une triple urgence : rétablir les valeurs républicaines, rentrer dans un nouveau modèle de développement, dire la vérité aux Français. » Ce constat l’a entraîné à monter un groupe de travail : magistrats, philosophes, scientifiques. Mais le « déclic » a eu lieu la semaine dernière avec l’entrée de Nicolas Hulot dans l’arène. « Je n’étais déjà pas très séduite avant. Et sa déclaration ne m’a pas du tout convaincue, tonne-t-elle. Il n’est pas clair. Pas une fois le mot nucléaire n’a été prononcé ! » La candidature d’Eva Joly, qu’elle croise dans les couloirs du Parlement européen, suscite moins de critiques : « On partage beaucoup de convictions. On s’entend bien. »
Si Corinne Lepage s’engage dans la bataille des primaires, la bagarre sera cependant difficile pour l’ancienne ministre chiraquienne qu’elle a été. Mais elle a déjà peaufiné sa ligne de défense : « Je suis une femme de centre gauche. Et j’ai une légitimité de terrain et de combat pour l’écologie depuis vingt-cinq ans. On ne peut pas me l’enlever ». Quant à son score de 2002 (1,88 %), elle sait ce qu’elle en dira : « C’est mieux que Dominique Voynet en 2007 » (1,57%).
Source : France Soir du 20 avril 2011

